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jeudi, 29 mai 2008
Vishnu à la lanterne
Le monarque, autrefois vénéré comme une réincarnation de Vishnu, dieu protecteur de tous les Hindous, dispose d'une quinzaine de jours pour quitter son palais de Katmandou, ont fait savoir les autorités.
Beaucoup de Népalais ont perdu confiance en la monarchie en 2001 lorsque le prince Dipendra a tué le roi Birendra et huit autres personnalités royales avant de se donner la mort.
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dimanche, 25 mai 2008
La Marulanda fait chanter les bourgeois
Pedro Antonio Marin, alias , chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pendant un demi-siècle jusqu'à sa mort, était un paysan communiste aguerri, rusé et implacable.
Né le 12 mai 1928 à Genova (à l'ouest de Bogota), le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie a traversé toutes les guerres civiles des 50 dernières années, passant la majorité de sa vie dissimulé dans les jungles profondes et inhospitalières du pays.
Marulanda, qui fut donné pour mort au moins à dix-sept reprises, est rarement sorti de la clandestinité.
Sa dernière apparition publique remontait à 1982. Il serait marié et aurait «plusieurs enfants» dont une fille, la compagne de son ancien bras droit Raul Reyes abattu le 1e mars au cours d'un raid de l'armée colombienne en Equateur.
Cet aîné d'une famille de petits propriétaires terriens, ayant pour surnom «Tirofijo» («en plein dans le mille») en raison de son habilité au tir, a pris les armes après la mort de plusieurs de ses proches dans des violences politiques qui ont suivi en 1948 l'assassinat de Jorge Eliecer Gaitan, un dirigeant de gauche. L'homme «à la tête de cheval», comme le surnommaient certains guérilleros, n'a fait que des études secondaires. Doté de qualités indéniables d'organisateur, il commence très jeune sa carrière de révolutionnaire en créant avec 14 de ses cousins «les autodéfenses paysannes».
Puis dans les années 1950, à 22 ans, alors que la majorité des milices paysannes se démobilisent, Marulanda poursuit la lutte armée. Séduit par les thèses communistes, ce petit homme d'un mètre soixante-huit prendra la tête en 1953 d'un groupe communiste d'autodéfense agraire, fort de 26 guérilleros.
Contacté en 1964 par le Parti communiste qui lui propose de recruter et former des groupes de guérilla, Marulanda participe à la création des Farc, défendant un programme de lutte pour une réforme agraire. Son biographe officiel, Arturo Alape, le décrit comme un homme serein et réservé. Timide, cet ancien paysan métissé d'indien entretient très peu de contacts avec la presse et répugne à parler de lui.
D'anciens guérilleros compagnons d'armes le décrivent comme un chef charismatique implacable et cruel. Le gouvernement l'accuse d'avoir introduit le trafic de drogue et les prises d'otage dans la guérilla.
Concernant le trafic de cocaïne, les Farc affirment qu'elles s'y opposent et se contentent de prélever «un impôt révolutionnaire» auprès des trafiquants et des cultivateurs. Mais certains chefs guérilleros se comportent comme de véritables narco-trafiquants. Les prises d'otages ont commencé au milieu des années 1980 mais elles visaient principalement des militaires, échangés contre des guérilleros emprisonnés. A la fin des années 1990, les otages civils et notamment les politiques sont devenus des sources de financement importantes pour les rebelles.
Sans pitié pour ses hommes, Marulanda l'est également pour les otages dont la vie lui importe peu et qui ne sont qu'une vulgaire monnaie d'échange. L'extrême détresse d'Ingrid Betancourt, les dizaines de milliers d'appels à un geste humanitaire dont celui du président français Nicolas Sarkozy, l'ont laissé totalement indifférent.
Marulanda était considéré comme le plus vieux guérillero communiste du monde toujours actif, chef d'une armée clandestine présente sur tout le territoire. Il a été immortalisé dans un tableau du célèbre peintre colombien Fernando Botero qui l'a peint brandissant une mitraillette.
dimanche, 18 mai 2008
Vulve de truie farcie
On savait vivre en ce temps-là! Les noms de Lucullus et d’Apicius ne veulent plus guère dire grand-chose de nos jours. Certes, nous n’en sommes plus aux extravagances simplistes de la Nouvelle Cuisine d’il y a une dizaine d’années et le poulet au Coca Cola n’est plus en odeur de sainteté dans les restaurants branchés de la capitale, mais nous sommes encore très loin de la finesse et de l’élégance des Romains de l’Antiquité.
Pour illustrer le raffinement outrancier des Romains, je vais m’attarder sur une recette tombée en désuétude: la vulve de truie farcie et vous présenter comment les gastronomes de l’époque en arrivaient à des querelles dignes de celle des modernes et des anciens, reléguant la bataille d’Hernani à des broutilles de collégiens, comparée à leurs disputes concernant les abats et le choix des truies selon leur virginité ou leurs nombreuses portées pour la confection de ce mets délicat. La vulve de truie farcie ou le retour aux agapes des Romains.
Ensuite, imaginons-nous allongés sur un lit de repas à trois places, comme des personnages du Satiricon de Pétrone. (LXX. Je n’avais pas fini de parler, quand notre hôte reprit: - Je voudrais m’arrondir en fortune, je ne dis pas en embonpoint, comme il est sûr que mon cuisinier a fait tout ceci avec du porc. On ne saurait voir d’homme plus précieux. On n’a qu’à vouloir: d’une vulve de truie il fait un poisson; du lard, un ramier; du jambon, une tourterelle; de l’épaule, une poule).
Voici d’abord la recette. Il existe d’ailleurs au moins quatre variantes si l’on se réfère à l’ouvrage de base: Le De Re Coquinaria d’Apicius (entre 25 av. J.-C. et 37 ap. J.-C.). Le livre aurait été écrit et finalisé dans sa version définitive au IVe siècle. Pour certains, il y aurait deux Apicius bien distincts, Marcus Gavius et Coelius Apicius celui qui s’est ruiné et celui qui a écrit le livre de cuisine.Voici la recette!
Prendre des vulves de truie.
Pour la farce:
de la chair de porc hachée,
grains de poivre, du cumin, de la rue,
garum°,
deux blancs de poireau,
pignons de pin.
Préparation de la farce:
Broyer ensemble la chair de porc hachée, le poivre en grain pilé avec le cumin, les deux blancs de poireau, la rue et le garum. Ajouter à ce mélange les pignons de pin.
Cuisson des vulves:
Nettoyer les vulves et les cuire à l’eau (probablement salée, mais non indiqué par Apicius). Farcir les vulves déjà cuites, les coudre. Les laisser cuire dans un mélange d’eau, d’huile d’olive, de garum et d’aneth avec un petit bouquet garni (le temps de cuisson n’est hélas pas indiqué dans le texte latin).
Variante:
Laisser mariner les vulves pendant 24 heures dans le garum avant de les farcir.
Le garum est une sorte de Nuoc-mâm vietnamien, fait d’un mélange d’anchois ou de harengs pilés avec la tête, de sel, et d’huile d’olive, mis à fermenter. C’est une variété de saumure.
Cela paraît simple, mais il existe plusieurs écoles relatives à la préparation de la vulve de truie.
- Ecole de Pline l’Ancien: (Côme 23 ap. J.-C.? 79 ap. J.-C. Stabies)
Pline et ses adeptes sont pour l’utilisation exclusive de vulve de truie primipares ayant été tuées dès la venue au monde des petits porcelets.
Pline prétend même que la vulve de truie primipare et ayant avorté est le nec plus ultra, alors que d’autres auteurs penchent pour la truie érigone ou vierge.
- Ecole décadente :
Apparue vers 200 ap. J.-C., elle prône l’emploi de truies multipares. Tertullien (vers 160 vers 240), Père de l’Eglise, en serait un adepte?
Le décret d’Ulpien (Domitius Ulpianus), juriste consulte d’Alexandre Sévère (né à Tyr et mort à Rome en 228), redonne raison à Pline l’Ancien et impose les truies primipares.
Il peut paraître excessif de faire un décret sur la vulve de truie, mais sous les Romains, il était fréquent de légiférer sur l’art culinaire. On peut ainsi se référer à la Porcella Lex. Il s’agissait d’un code de lois sur la charcuterie en droit romain. Il réglementait, entre autres, la fabrication du ventre de Falisque, sorte de mortadelle! Le non-respect des proportions, en particulier de porc maigre pouvait aller jusqu’à l’incarcération.
- Ecole réactionnaire:
Seules les vulves de truies vierges sont admises, variante, seules les truies stériles sont admises, mais après plusieurs tentatives infructueuses de copulation.
On peut aussi utilement consulter la version suivante:
Tétines de truie à la mode d’Apicius
(Extrait de l’ouvrage Le Livre du cochon de Jean Diwo et Irène Karsenty – paru aux éditions Philippe Lebaud)
Prenez des tétines de truie cuites et coupées en morceaux, de la chair de poisson, de la chair de poulet, des becfigues ou des ventres de grives cuites et toutes sortes de choses excellentes. Hachez le tout, excepté les becfigues*, et mélangez les chairs avec des œufs crus et de l’huile. D’autre part broyez du poivre et de la livèche*; mouillez de garum, de vin et de vin de raisins secs; faites chauffer dans une marmite en terre et liez avec de l’amidon. Mais, auparavant, jetez-y votre hachis et portez à ébullition. Quand ce sera cuit, vous enlèverez la marmite du feu avec son jus; et, vous servant d’une louche, vous transporterez la farce, par couches, dans une lèche-frite, après y avoir incorporé des grains de poivre entiers et des pignons de pin. Sur le fond, tapissé d’une abaisse assez épaisse, versez une couche de farce de la valeur d’une louche. Recouvrez le tout d’une abaisse amincie au rouleau, faites cuire le pâté, puis saupoudrez de poivre. Les chairs ont été liées avec des œufs avant d’être placées dans la marmite.
Les tétines de truie – ou la vulve de truie, autre recette d’Apicius – sont restées célèbres dans l’histoire de la gastronomie.
*becfigues: ortolans des anciens - *livèche: plante originaire de Perse dont les graines sont dépuratives et stimulantes.
Enfin, pour les modernes, il est possible de tenter la version contemporaine adaptée:
Extrait de La Cuisine romaine antique, Nicole Blanc & Anne Nercessian, éd. Glénat/Faton
"Coupez en morceaux de la taille d’une prune 750 g de filet mignon de porc, faites-les revenir dans 1 grosse cuillère d’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils aient acquis une consistance croustillante. Ajoutez alors garum [Nuoc-mâm], eau, vinaigre et huile battus ensemble jusqu’à former une émulsion et laissez mijoter à couvert pendant 20-25 mn. Si le jus rendu par la viande ne s’est pas bien amalgamé à la sauce, la battre légèrement pour reformer l’émulsion. Si la sauce n’est pas suffisamment réduite, donnez-lui un tour de bouillon après avoir retiré la viande. Si, au contraire, elle est trop courte ou trop forte, rajoutez un peu d’eau: c’est que votre garum [Nuoc-mâm] est trop concentré".
Mais, dans ce cas, c’est un peu édulcoré et on est loin du raffinement romain!
Or, les plus grands noms de l’Antiquité romaine ont marqué leur intérêt pour ce plat.
Bien sûr, Apicius, qui se serait ruiné en banquets et qui se suicida.
"Apicius ayant dépensé en splendeurs culinaires cent millions de sesterces, écrasé de dettes, contraint de faire pour la première fois des comptes, c’était la famine. Aussi préféra-t-il se donner la mort par le poison ", Gabriel Matzneff - Nous n’irons plus au Luxembourg.
Il inventa un moyen de gaver les porcs comme on gave les oies avec des figues, du vin et du miel. Il vantait la qualité du jambon et appréciait autant testicules, rognons, pied vulves et tétines de porc. A cette époque, les Romains mangeaient relativement peu de viandes et préféraient les abats. Le peuple ne consommait que très peu de viande et surtout du porc. Dans le De Re Coquinaria, on ne retrouve que trois recettes de veau et une de bœuf. Rien sur la chèvre et le mouton!
Pline l’Ancien, déjà cité, mais aussi les auteurs, Horace, Juvénal et Martial, Héliogabale empereur de 204 à 218 et, bien sûr, Antoine et Cléopâtre. Plutarque indique que l’on servit des plats entiers de vulves de truies lors de leurs festins.
Une basse calomnie accuse même Marc-Aurèle d’avoir empoisonné par jalousie son frère adoptif (sic) Lucius Verus. "Après avoir partagé en deux portions un morceau de vulve, qu’il avait fait servir seul à dessein sur la table, avec un couteau dont un côté avait été frotté de poison, il en avait mangé une moitié, et, selon la coutume des personnes qui vivent familièrement entre elles, il lui avait présenté l’autre que le poison avait touché", Mais comment est mort Lucius Verus?, Frédéric Weber, citant Aurélius Victor. Aristote, enfin décrit la méthode permettant de châtrer truies et porcs.
Mais, il ne faut pas oublier l’odorat! Et, en cela, les chercheurs de truffes qui utilisent des porcs sont bien placés pour en parler; la truffe a l’odeur de la vulve de truie et c’est bien pour cela que le verrat bien dressé se met à en chercher frénétiquement à bout de groin au pied des chênes. Le fait fut relaté sur Canal+ en décembre 2004 lors d’une émission et créa un silence de plomb à son évocation.
08:23 Publié dans romance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note