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dimanche, 25 mai 2008
La Marulanda fait chanter les bourgeois
Pedro Antonio Marin, alias , chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pendant un demi-siècle jusqu'à sa mort, était un paysan communiste aguerri, rusé et implacable.
Né le 12 mai 1928 à Genova (à l'ouest de Bogota), le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie a traversé toutes les guerres civiles des 50 dernières années, passant la majorité de sa vie dissimulé dans les jungles profondes et inhospitalières du pays.
Marulanda, qui fut donné pour mort au moins à dix-sept reprises, est rarement sorti de la clandestinité.
Sa dernière apparition publique remontait à 1982. Il serait marié et aurait «plusieurs enfants» dont une fille, la compagne de son ancien bras droit Raul Reyes abattu le 1e mars au cours d'un raid de l'armée colombienne en Equateur.
Cet aîné d'une famille de petits propriétaires terriens, ayant pour surnom «Tirofijo» («en plein dans le mille») en raison de son habilité au tir, a pris les armes après la mort de plusieurs de ses proches dans des violences politiques qui ont suivi en 1948 l'assassinat de Jorge Eliecer Gaitan, un dirigeant de gauche. L'homme «à la tête de cheval», comme le surnommaient certains guérilleros, n'a fait que des études secondaires. Doté de qualités indéniables d'organisateur, il commence très jeune sa carrière de révolutionnaire en créant avec 14 de ses cousins «les autodéfenses paysannes».
Puis dans les années 1950, à 22 ans, alors que la majorité des milices paysannes se démobilisent, Marulanda poursuit la lutte armée. Séduit par les thèses communistes, ce petit homme d'un mètre soixante-huit prendra la tête en 1953 d'un groupe communiste d'autodéfense agraire, fort de 26 guérilleros.
Contacté en 1964 par le Parti communiste qui lui propose de recruter et former des groupes de guérilla, Marulanda participe à la création des Farc, défendant un programme de lutte pour une réforme agraire. Son biographe officiel, Arturo Alape, le décrit comme un homme serein et réservé. Timide, cet ancien paysan métissé d'indien entretient très peu de contacts avec la presse et répugne à parler de lui.
D'anciens guérilleros compagnons d'armes le décrivent comme un chef charismatique implacable et cruel. Le gouvernement l'accuse d'avoir introduit le trafic de drogue et les prises d'otage dans la guérilla.
Concernant le trafic de cocaïne, les Farc affirment qu'elles s'y opposent et se contentent de prélever «un impôt révolutionnaire» auprès des trafiquants et des cultivateurs. Mais certains chefs guérilleros se comportent comme de véritables narco-trafiquants. Les prises d'otages ont commencé au milieu des années 1980 mais elles visaient principalement des militaires, échangés contre des guérilleros emprisonnés. A la fin des années 1990, les otages civils et notamment les politiques sont devenus des sources de financement importantes pour les rebelles.
Sans pitié pour ses hommes, Marulanda l'est également pour les otages dont la vie lui importe peu et qui ne sont qu'une vulgaire monnaie d'échange. L'extrême détresse d'Ingrid Betancourt, les dizaines de milliers d'appels à un geste humanitaire dont celui du président français Nicolas Sarkozy, l'ont laissé totalement indifférent.
Marulanda était considéré comme le plus vieux guérillero communiste du monde toujours actif, chef d'une armée clandestine présente sur tout le territoire. Il a été immortalisé dans un tableau du célèbre peintre colombien Fernando Botero qui l'a peint brandissant une mitraillette.
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